Discrimination culturelle et religieuse au pays: ces couples qui souffrent le Martyre….

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Au pays, c’est toujours deux pas en avant, trois pas en arrière. Les lois sont votées, promulguées mais leur application laisse toujours désirer. Vous vous souvenez de la répression sur l’immatriculation des véhicules à deux roues et trois https://beblog.net/limmatriculation-des-motos-entre-bon-sens-et-devoir-citoyen/  ? Alors, nous en sommes où ? C’est avec tristesse que nous constatons que l’Etat s’en préoccupe plus du tout.

Pour le moment, ce n’est pas notre préoccupation majeure, nous allons y revenir et avec douceur choquante, don’t worry ! Aujourd’hui, consacrons nos énergies sur la discrimination culturelle et religieuse dans notre société. La situation est à son paroxysme et il faut y consacrer de l’attention.

PS : Sandy je te dédie ces quelques lignes……

+ Discrimination culturelle, cultuelle aussi…….

Nous entendons beaucoup parler de discrimination raciale, xénophobie, apartheid et bien d’autres choses dans le monde, mais jamais au pays. Néanmoins un phénomène a toujours sévi dans nos us et coutumes, dans notre quotidien. Il s’agit bel et bien de la discrimination culturelle et religieuse. Un mot composé qui exprime l’action d’exclure une personne à cause de sa culture, de son origine et de sa religion. Ce phénomène s’exprime de diverses manières et perdure depuis des années et des années.

+  Les probables origines

  • Culturelle

L’origine de ce mal remonte loin dans le passé. Chaque culture, chaque ethnie y allait avec ses interdits. C’est ainsi que les raisons de ces interdits différèrent d’une ethnie à une autre, et d’une famille à une autre. L’histoire raconte que, les guerres entre ethnies étaient pour beaucoup. Dans des buts d’étendre leur territoire, plusieurs royaumes se sont liés batailles. La capitulation des uns faisait la fierté des autres. De ces guerres ressortent des rancœurs éternelles des vaincus contre les vainqueurs. Ces rancœurs sont la source d’interdictions, de restrictions de génération en génération.

L’autre cause aussi fréquente, est l’humiliation d’une famille à l’encontre d’une autre. Au temps de nos aïeules, plusieurs défis étaient lancés fréquemment, et étaient une histoire de famille. Les familles perdantes sont humiliées à jamais. De ces humiliations ressortent des rancœurs, et par ricochet des interdictions  qui dureront éternellement.

D’autres parts nous avons aussi, les trahisons entre tribu. Les cas sont légion et très illustratifs. Lorsque au cours d’une guerre contre le même ennemie, une ethnie trahit une autre, ou une famille trahit une autre, il y a mal donne.  A jamais, les trahis puniront les baltringues, et vive les interdits.

Le dernier cas, est celui où les divinités refusent l’union entre des ethnies, des familles. Ainsi, pour des raisons mystiques, le Fâ interdit systématiquement l’union. De plus il présage un avenir sombre et sanglant si l’union était effective. Cette cause cultuelle n’a pas de raison précise. La parole du Fâ suffit. Mais comme il y a toujours une raison à tout, faudrait qu’un jour le Fâ nous éclaire.

  • Religieuse

 Ah, la religion et ses codes : on aura tout vu. Elle nous transcende et nous emporte. Les religions importées nous ont inculqué à la fois, la foi en Dieu mais également la foi en « ses restrictions ». De l’Islam à l’Eglise Catholique Romaine aux églises évangéliques et autres, le refrain est le même. Une fois dans leur maille, elles nous imposent leurs codes et leur fonctionnement. Ainsi, les fidèles à la recherche de Dieu, se retrouvent piéger. De façon basique, pas de mariage inter religieux entre un musulman et un chrétien. De la même manière pas de mariage entre un chrétien catholique et les chrétiens des autres confections religieuses (sauf avec les protestants). Le pire se produit quand un chrétien ou musulman se retrouve piégé avec un ”kôssi” (en fon, adeptes des cultes endogènes, qui ne croit pas au Dieu des religions importées).

+ Des victimes vouées à leur sort ou non

Dans une cacophonie, les échos du non, strict des parents sonnent dans la tête comme un coup de massue. Dans cette épreuve de la vie, deux catégories de victimes s’affichent.

  • Les vaincus

Une pilule dure à avaler, mais qui s’avale quand même. La majorité des victimes ne font pas la guerre. Elle baisse leur arme fasse à de si grandes montagnes. Pour ces couples, les anciens ont leur raison, et il vaut mieux les suivre pour vivre heureux. Ils regardent le bon côté des choses et avancent la tête haute. Il faut toujours positiver donc ils répètent tous le temps « pour moi va venir, Dieu n’oublie personne ». Une phrase que leur inculque la religion, qui leur interdit de pareilles absurdités au risque d’être bannie de leur confection. Défendre leur amour contre vent et marrée n’est pas leur fort, et ils capitulent.

  • Au nom de la peur, RIP à notre amour

La peur est le premier sentiment qui les anime. Ils ont peur de la société, peur des conséquences, peur de leur avenir si ils résistent. Donc ils capitulent…….. (Une minute de silence). Au nom de l’amour ils disent oui, j’accepte de me taire. Cette renonciation à l’amour donne naissance à la souffrance. C’est ainsi que, beaucoup souffrent dans l’âme et dans leur cœur. Ils n’extériorisent pas souvent leur peine mais ils vivent le martyr. Des pleurs, de l’agonie, tout leur monde s’écroule autour d’eux.

  • Jusqu’à ce que la mort nous unis….

Cette géhenne  fait naître en eux, plusieurs alternatives. Ils sont légions à ne plus pouvoir supporter le supplice et entre donc en extase. Leur magnanime pardonnent tout, à tout le monde et n’accuse personne. Ils décident donc de poursuivre leur vie dans l’au-delà, l’autre vie, en mettant fin à leur vie. Là-bas, se disent-ils, il n’y aura pas de barrière pour notre amour. Ils ne seront que deux, pour finir à deux. De l’autre côté, plus d’histoire de famille, plus d’histoire de religions. Souvent, ce sont les deux victimes qui commettent l’acte en même temps. L’objectif étant de se retrouver à deux et continuer leur amour. Mais, il y a des cas où une seule personne se précipite de l’autre côté de la rive. Elle attendra peut-être pendant longtemps, (un lâche ?) qui ne viendra jamais. Ces situations posent le problème du réel amour et nous ouvrent les yeux sur ses limites. En somme, pleurer en silence ou pas, se lancer dans le voyage de l’au-delà ou non, ils souffrent quand même. Ces victimes sont vaincues et subissent la fougue de la tradition, de la religion.  Néanmoins, beaucoup d’autres victimes choisissent le chemin inverse et font preuve de courage.

  • Les téméraires………..

Quand la flamme de l’Amour, le vrai brûle avec incandescence, qui peut le contenir ? C’est donc avec cette flamme qui brûle en eux et qui leur donne des ailes, que ces jeunes téméraires vont titiller l’impossible. C’est surement donc ce qui a animé Shakespeare quand il disait : « je sens en moi d’immortels désirs ». Ces désirs  se concrétisent vite et laissent la place à l’action. Ces mordus de l’amour, convaincus de leur sentiment l’un envers l’autre, décident envers et contre tous de vivre leur amour. Ils décident  donc de continuer leur histoire. Ils rêvent fonder une famille et vivre heureux. Mais cela ne passe pas toujours comme dans ces contes de fées.

  • Notre tradition et ses codes…..

La tradition et donc aussi la religion se mettent sur leur chemin. En effet, se mettre toute une fratrie à dos n’est pas chose aisé. La tradition et ses garants ne peuvent pas se permettre un tel affront par de si jeunes couples. Elle se doit de faire respecter ses us et coutumes. C’est ainsi, que le mystique entre en action. Nos jeunes téméraires essuieront donc des coups de toute part. Parfois ils réussissent, parfois l’amour se tait et capitule. Face aux épreuves d’autres résistent, puisque l’amour, le vrai peut tout dit-on. Ne plus avoir de père, de mère, de frères, de sœurs, ni d’oncle et tante, vivre seul, sans soutient est terrorisant. Maladie sur maladie, pauvreté sur pauvreté, infertilité sur infertilité, ainsi de suite voir même la mort. Les cas sont légions et témoignent des rêches épreuves que subissent ceux qui décident de contredire la tradition.

Beaucoup d’autres victimes préfèrent fuguer. Ils décident de vivre leur vie, mais loin, dans d’autres contrées sous d’autres cieux. Ainsi, ils seraient à l’abri des leurs, loin de leurs regards, loin de leur tradition infeste. Vivre caché est le seul moyen qu’ils trouvent pour exprimer leur amour.

  • Nos religions et leurs bévues…. 

La religion elle, ne vous blâmera pas. Elle qui longtemps a promu et continue de promouvoir l’amour ne vous lancera pas de pierre. Mais, sa réponse est simple et sans appel : non. En effet, la religion nous offre deux alternatives. Soit vous convertissez votre partenaire pour votre confession religieuse, soit vous sortez de leur confession.  A cette réponse les téméraires s’en moque vaillamment. Ils se foutent de commettre un impie et décident de vivre courageusement leur amour. Ainsi, la religion les répudie purement et simplement sans état d’âme. Au risque de perdre leur foi, ils s’y lancent et subissent aussi les foudres des leurs. La religion étant une institution, elle ne peut pas se permettre de perdre des adeptes à cause de (stupide) histoire d’amour. Pour elle, laisser ces cas faire école, entraînerait bientôt la destruction de toutes leurs valeurs. Donc, de façon religieuse (mystique) beaucoup de chose se passent. Les leaders de ces religions font de ces couples un mauvais exemple à ne pas suivre. Dans la vie active, ces couples sont discriminés par tous les fidèles, au nom de l’amour. Au nom de cet amour ils supportent tout et résistent.

 

+Mais, l’Amour devrait être plus fort que tout………

Un sage me dit souvent, que tout arrive pour une bonne raison. Dans cette logique, quelle est alors la bonne raison qui pourrait justifier de pareils actes dans nos sociétés ? On discrimine l’Amour pour des raisons humaines. L’Amour ne devrait-il pas transcender tout cela ?

Dans le regard de deux personnes innocentes naît un sentiment, une flamme, une énergie qui les portent, et les emportent. C’est ainsi qu’elles entreprennent de faire chemin ensemble. Des jours passent, des mois, des années et elles sont prêtes. Elles se sentent murs pour vivre ensemble pour l’éternité. Mais hélas, la société devient  leur pire bourreau.

-Que les anciens lâchent prise…..

En premier lieu nous avons la tradition et ses codes. Pour de vielles histoires du passé, nos anciens continuent de tirer la rancœur. Ces jeunes enfants devront-ils subir la fougue de leurs pères ? Pourquoi les tenir pour responsable du passé et les punir de la sorte ? L’Amour que promeut la tradition ne suffit-il pas pour faire table rase du passé? Au nom de vieilles querelles on gâche l’avenir des enfants avec des imprécations. C’est bien dommage que notre tradition soit encore sclérosée. Elle peine encore à se libérer de son histoire, de son passé. L’amour que les anciens ont pour leur progéniture, devrait primer sur la haine d’hier. La satisfaction de les voir heureux et ce pour toujours devrait être le primordial. Mais la tradition qui, avec ses haines d’hier, confisque l’avenir de ses enfants d’aujourd’hui, n’est pas le seul frein à l’expression de l’amour. En effet, la religion aussi s’y est mêlée.

-Religion rime avec amour, donc…….

Ce constat au niveau des confections religieuses nous laisse sans mot. Comment comprendre, que des institutions qui prônent l’amour peuvent se permettre de pareilles bassesses. Au nom de quelle parole d’évangile ces garants de la foi commettent de telles atrocités ? De façon radicale ils  interdisent toute union entre des individus unis par l’amour. Quel genre d’impie ont-ils commis pour mériter cette souffrance ? Est-ce à dire que s’aimer profondément et sincèrement est un péché ? Depuis quand alors l’amour est-il devenu un péché ? La différence de confession religieuse n’est pas synonyme de différence d’amour. L’amour est universelle, et ne doit pas avoir de limite, ni de frontière. L’Amour que Dieu a eu pour nous est plus fort que tout. Les responsables des confections devraient être un peu plus tolérants au nom de l’amour de Dieu, qu’ils prônent. La tolérance devrait leur permettre d’accepter la décision de cupidon.

+ Au finish, laissez-nous vivre notre amour……

L’Amour est un sentiment qui lie deux ou plusieurs êtres. Il transcende toutes lois et toutes frontières. Les amoureux sont en général des victimes. Ils ne choisissent pas leur âme sœur mais, l’amour leur fait le choix judicieux et ils subissent. Les discriminations qu’ils subissent au nom de la tradition et de la religion sont des crimes contre l’amour. L’Amour que prône nos traditions et nos religions devrait transcender nos vieilles habitudes. Cet Amour doit laisser l’amour s’exprimer à travers ces êtres que l’amour a lié.   Courage à toutes les victimes de ces discriminations. Elles vivent actuellement le martyre.  L’amour nous fait parfois traverser de pires épreuves. Il faut de la témérité pour en sortir grandit et vivre heureux. Des histoires pareilles beaucoup de romans nous en édifient. Les fantômes du Brésil de Florent Couao-Zotti, Sous l’orage de SEYDOU Badian, Roméo et Juliette et même le titre j’aurai voulu de l’artiste S@m en sont des exemples parfaits.

PS : Sandy, pari tenu ! On lance la lutte ou bien on laisse couler ?…………………

3 commentaires sur “Discrimination culturelle et religieuse au pays: ces couples qui souffrent le Martyre….”

  1. Vraiment merci. C’est un sujet très intéressant. J’ai connu beaucoup de couple brisé par cette discrimination. Mais que faire? L’éducation africaine nous oblige à obéir aux parents ( les premières personnes à tenir aux recommandations culturelles et religieuses); si tu t’y oppose ça revient a choisir entre ton partenaire et ta famille.
    D’un autre côté, les choses changent, le monde évolue, la mentalité change; la culture est de plus en plus relégué au second plan mais la religion ne change pas, n’évolue pas donc le problème persiste. Je me demande si un jour, on finira avec ce combat entre l’amour et la religion. Le mieux serait de ne pas y être confronté.

  2. Un bon thème bien développé !
    Malheureusement c’est la triste réalité surtout dans les pays en voie de développement, le couple se retrouve à choisir, un dilemme…

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