Hip-hop, cette culture incomprise

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Le hip-hop, beaucoup plus considéré comme un genre musical, c’est un mouvement. Une culture, pourquoi pas ? Un mouvement culturel. IL est apparu dans les années 1970 aux Etats unis dans le South Bronx. Cette culture se répand rapidement à tout le pays puis au monde entier au point de devenir de nos jours la culture urbaine la plus importante. Nous vous proposons une petite virée à la découverte de ce monde aussi connu qu’incompris.

+ Le HIP-HOP

Porté par la communauté afro américaine et latino-américaine, le hip-hop trouve dans la musique son expression la plus éloquente par le rap, le break dance, le beat making, le human beatbox et le graffiti. En effet, le mouvement hip-hop est né d’une scission entre les blancs américains qui profitaient du rêve américain pendant que les afro américains et les hispaniques vivaient dans les ghettos. Il nait donc d’un mélange entre le soul et le funk. Les pionniers de cette culture sont James Brown, Stevie Wonder, etc…

+ Le rap

C’est un chant saccadé (flow) composé de paroles bien imaginées respectant un thème et un style donné. Caractérisé le plus souvent par la rapidité et l’agencement des mots formant des rimes, sur une musique (beat) plutôt particulière.

Le beat ici est souvent formé de bassline, de drumline et d’une mélodie.

Le rap a commencé avec de simples mots lancés comme ça. Les mots se sont transformés en phrases, les phrases en vers, les vers en paragraphes et la rime était née.

Se souvient Grandmaster Caz, membre des légendaires Cold Crush Brothers. Le rap fait appel à la créativité et à l’oreille musicale.

2Pac Shakur, The notorious BIG, Dr Dre, Snop dog, ou encore 50Cent, ça vous dit quelque chose ? Surement que oui. Ils ont marqué les années 90 de leurs empruntes. Culture d’origine américaine, elle embrase rapidement le monde comme une trainée de poudre, s’exprimant dans toutes les langues dont le français.

+ Le rap français

Comme aux Etats Unis, le rap français est né dans les banlieues où vivent majoritairement les non autochtones. Rapidement donc en France le rap est devenu la musique des noirs et des arabes. Mc Solar, Kery James, IAM, NTM, Booba, La Fouine, Diam’s, Youssoupha,  sont des icônes de cette musique urbaine. Ceux-ci sont pour la plupart les models du rap au Bénin. Cependant, nous avons bien évidemment nos stars qui portent merveilleusement bien les couleurs de notre drapeau sur la scène musicale internationale on peut nommer Blaaz, Kaysee, Cyanogene , Vano.

+ L’idée perçue

Au commencement, le mouvement était parti dans une idée de fête, de joie, de brassage culturel mais au  fur et à mesure il fut dénaturé laissant place à une culture qui laisse à désirer. Gros jeans taille basse, bling bling, billets faciles, tatouages, coupes extravagantes sont la mode. L’idée perçue aujourd’hui par certains est celle d’une culture musicale sauvage et rebelle qui prône tous les vices : drogue, crime, sexe. Oui parfois nous pensons qu’il ne s’agit que d’une musique sans fond, sans mental je dirais qui s’écarte fondamental. Pourquoi ? Des paroles injurieuses, racistes, agressives, des clips où apparaissent des filles très peu vêtues.

+ Le vrai message du hip-hop

les rappeurs sont les héritiers des poètes Cliquez pour tweeter

Le mouvement hip-hop serait porteur du message d’Africa Bambaataa et de la Zulu-Nation qui prône les valeurs suivantes : paix, l’amour, l’unité, la joie. Le rap de par son côté lyric pourrait s’apparenter à la poésie. Comme le dirait l’autre les rappeurs sont les héritiers des poètes’’. Charles Aznavour disait :

On pense que cette jeunesse ne connait pas la chanson mais au contraire elle l’a connait très très bien, elle veut juste s’exprimer d’une manière différente.

Oui, le rap dans son style guetto peut véhiculer assez de messages pour la jeunesse, il suffit d’écrire des mots justes, des mots qui éduquent, des mots qui ont un but. Les rappeurs se sont servis de ce langage protestataire pour mettre en chanson les maux de la société, qu’ils touchent au racisme, à la guerre et à la misère.

Vous pouvez le constater en  écoutant certains comme Kery James, Youssoupha, Médine qui d’ailleurs forment un puissant groupe dénommé la ligue. Le rap a sauvé plus d’un, le rap a guéri plus d’un, le rap à soulager plus d’un.

+ A quand le rap béninois conscient

Alors pourquoi les rappeurs béninois veulent juste nous montrer le coté sombre du rap ? Ne pouvons-nous pas rapper sans parler de fesses, de flingues ou de charlatanisme ? Pourtant notre société est jonchée de maux qui auraient besoin de mots forts et puissants pour être guéris. Pourquoi restons-nous dans le verbiage inutile ? Pourquoi disons-nous des rimes creuses ? Le monde qui s’offre à nous est un monde de requins où il faut lutter pour y survivre, cette lutte étant heureusement intellectuelle et économique. Mais nous avons espoir qu’un nouveau vent se lèvera…

Nombreux sont les rappeurs, rares sont les lyricistes /
Nombreux sont les interprètes, rares sont les artistes/
Pourtant le rap doit continuer à dire des choses/
A quoi sert notre musique si ce n’est à défendre des causes ?
Kery James

+ Le championnat des voix lourdes pour rélever le hip-hop

Du fait de cet etat du rap beninois il est urgent de créer un cadre propice pour révéler les talents du milieu qui pourront valablement apporter un souffle nouveau à cette culture au Benin. Et c’est ce qu’ambitionne faire le championnat des voix lourdes. Un championnat qui va permettre de révéler les talents du rap et du slam béninois et pourquoi pas,  mettre en lumiere le prochainYoussoupha. Et devinez quoi Beblog coorganise cet événement  nous y reviendront de longs en large pour de plus amples détails dans nos prochains articles .

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