JDB d’une feministe : 08 Mars entre hypocrisie et détournement commercial

Temps de lecture : 5 min

Aujourd’hui c’est le 08 Mars et nous les féministes on adore ça : c’est la Journée Internationale des droits des femmes. Ou pour faire court, la Journée Internationale des femmes. Bref aujourd’hui (il paraît) les femmes sont à l’honneur. Partout dans le monde, il y a eu des rassemblements de femmes, des mouvements de revendication, des festivités aussi. Chacun sa façon de concevoir cette journée particulière.Je me suis amusée aujourd’hui à observer comment ça se passait autour de moi et il y a tant à voir.

+ Une journée commerciale

Résultat de recherche d'images pour "promotion"Premièrement prenons le cas des réseaux sociaux et des médias. On pouvait lire partout « Bonne fête de la femme », « Bonne fête à nos mères, sœurs et amies ». Déjà, ce n’est pas une fête. Ensuite le 08 mars est devenue dans la conception populaire comme une fête marketing, une journée commerciale de plus autour du thème de la femme. Il devient la journée de l’épilation, de la beauté, d’ailleurs à Beblog aussi on n’a pas échappé au cliché ( vous avez  vu les affiches et autres articles ? audience oblige surement ).

C’est l’occasion aussi de (re)faire les publicités d’électroménager ou de cuisine pour le (prétendu) bonheur de ces dames. Mais non ! Réveillons-nous. Ce n’est pas pour rien que j’ai tenu à préciser Journée Internationale des droits des femmes.

+ Un objectif précis à la création 

Le 08 Mars est devenu le 08 Mars (attention, asseyez-vous, c’est la minute histoire) dans le contexte des mouvements sociaux au tournant du XXe siècle en Europe et en Amérique. Elle a été célébrée pour la première fois le 28 Février 1909 mais la JIF ne fut officialisée qu’en 1975 par l’ONU. Même si le consensus de la date ne fut pas obtenu dès le départ, le principe de cette journée dans les divers pays était de « rappeler » que les femmes existent et font autant partie de la société que les hommes. C’est d’ailleurs grâce à ces femmes qui se sont levées que nous avons aujourd’hui le droit au vote, le droit au travail et à la formation professionnelle.

Au fil du temps, l’objectif était d’avoir un point de ralliement des efforts coordonnés pour exiger la réalisation des droits des femmes et leur participation au processus politique et économique. Par conséquent, la JIF comme fête commerciale, arrêtons ça ! Au pire, tout ce que nous arrivons à faire, c’est de mettre en lumière les préjugés sur la condition féminine, de durcir la dent au sexisme. La JIF, c’est le lieu de mener des réflexions, faire le point de nos accomplissements, établir le plan de nos réalisations futures. Du coup je demanderais à chacune(chacun), avant de dire bonne fête journée de la femme, de se demander s’il tient vraiment à l’équité des genres.

+ Une sournoise pseudo-reconnaissance 

En 2e position, il était plutôt amusant de remarquer les femmes mises à l’honneur dans tous les domaines professionnels. Comme chaque année, le plateau-télé des éditions de journal était 100% (bon, 80%) féminin ; il y avait des policières à la place des policiers sur les différents axes routiers, on a eu droit à des reportages sur la représentation des femmes dans les divers métiers. On célèbre la femme et on aime ça (à priori). Mais devrions-nous nous en contenter ? Moi je trouve que c’est trop facile.

C’est bien mais c’est trop facile, d’accorder un jour ( meme une semaine ne suffit pas d’ailleurs, hein Beblog!!!) d’une (fausse ?) reconnaissance pour replonger les 364/365 autres dans le mépris habituel, le manque de considération et de respect. Pour recommencer le reste de l’année à battre les épouses, à violer les jeunes filles, à refuser d’envoyer les filles à l’école, à moins payer les femmes, à faire preuve de sexisme au travail comme en dehors du travail, à stigmatiser les femmes qui ont décidé de ne pas se conformer au canevas classique.

+ S’attaquer réellement aux problemes

Résultat de recherche d'images pour "journée internationale de la femme"

Les inégalités et les injustices sont quotidiennes (les femmes gagnent en moyenne 25% moins que les hommes à charge de travail égale, Insee 2018). Il ne s’agit pas de fermer les yeux dessus toute l’année et de se « racheter » le 08 Mars. Le 08 Mars ne doit pas s’arrêter le 08 Mars : mettre la femme à l’honneur permet de se rendre compte, certes, des avancées que nous effectuons tout au long de l’année mais l’objectif de cette évolution est qu’elle puisse être visible en permanence. J’irais même jusqu’à dire qu’on ne veut plus de 08 Mars. Parce-que, (je l’ai lu sur le statut d’un homme et ça m’a fait très plaisir), le jour où on comprendra l’importance et la place des femmes dans le monde, on n’aura plus besoin d’avoir une JIF Cliquez pour tweeter. Car au fond, ce qui compte, c’est que nous sommes tous des Hommes et nous pouvons tous participer à l’évolution de l’humanité, à la même échelle, quel que soit le genre.

Se battre pour nos droits 

 

Voilà, j’ai écrit tout ça, j’ai mené toutes ces réflexions et émis toutes ces critiques, quelque-chose me reste en travers de la gorge. A qui la faute tout ça ? A personne sinon nous-mêmes, les femmes. Pourquoi devrait-on réclamer qu’on fasse attention à nous ? Parce-que notre présence ne s’impose pas encore comme une évidence. C’est à nous de travailler, de faire preuve d’une réelle implication pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés ; personne ne le fera pour nous.

C’est bien de faire de beaux discours mais il faut qu’il y transparaissent de véritables perspectives et des plans d’action. Et qu’il en découle des actions. A tort, on pense que les actions doivent être menées par celles qui se définissent comme féministes. Mais moi je vais vous dire et je m’adresse aux femmes (et aux hommes aussi d’ailleurs) : on a tous une part de féminisme en nous. Une part de justice qui veut faire bouger les choses. Alors à nous de nous poser la question ci-après : qu’est-ce que je fais à mon niveau pour changer les choses ?

1 commentaire sur “JDB d’une feministe : 08 Mars entre hypocrisie et détournement commercial”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *