La vraie histoire des Amazones du Bénin: entre mythe et bravoure

Temps de lecture : 6 min

Les femmes ont souvent tenu de grands rôles dans le monde et l’ont mené avec succès. Au Bénin, l’histoire de la femme guerrière, entreprenante débordante de bravoure remonte à la royauté du Danhomey. Fierté de tout un pays, de tout un continent  l’amazone était née, la femme béninoise vit le jour et s’est imposée au monde. Entre bravoure et conquête, nos ancêtres ont montré au monde entier la puissance de la femme lorsqu’elle se débarrasse de son complexe d’infériorité. Cependant, difficile de faire la part des choses entre exagération et fait prouvé. Beblog s’est mis à l’exercice, et vous fait la lumière sur les  Amazones du Danhomey actuel Bénin.

+    Origine

 L’origine des amazones remonte aux  temps anciens, plus précisément à l’époque du Roi Aho Houegbadja qui gouverna de 1645 à 1885 en tant que troisième roi du Danhomey. En effet, c’est au cour de son règne que de braves femmes furent entraînées. L’objectif du roi de l’époque était d’enrouler dans sa garde rapprochée une élite de femme.

  • La reine Hangbè et ses consœurs

Illustrative de la Reine

A sa suite, la reine Tsi Hangbè prit le trône. C’est au cours de son règne que le phénomène de femme combattante pris corps. En tant que femme elle durcit la formation des femmes dans l’objectif qu’elles aillent au front. En effet, au cours de son règne, agrandir son royaume était l’un de ses plus grands objectifs. Afin d’avoir beaucoup de combattant, elle fit confiance à ses semblales et les femmes trouvèrent alors grâce et utilité à ses yeux. Ainsi, de braves femmes allèrent aux fronts et avec des hommes remportèrent de grandes victoires de conquêtes.

  • Agadja et ses troupes

 

 

Agadja (1708-1732) à sa prise de pouvoir continua la politique de conquête de royaume. Se basant sur les résultats plus que positifs précédents, il forma une milice composée entièrement de femmes bien disciplinées. Leur milice a même joué un rôle essentiel dans la conquête du royaume de Savi en 1727.

  • Ghézo le réformateur

Le roi Ghézo (1818-1858) fut le roi qui apporta beaucoup de réformes dans son armée. En effet, il professionnalisa le corps comme un métier à part. Alloua plus de ressource à l’armée pour son développement sur tous les plans. Bien évidement les femmes amazones étaient au cœur de ces réformes. Elles étaient entraînées obligatoirement, portaient des uniformes et étaient munies de fusils.  Elles acquièrent ainsi une réputation de femme sans peur, remplis de bravoure.

  + Une organisation très profonde

  • Une sélection très appointe

Les amazones sont sélectionnées en partie parmi les enfants esclaves et seuls les plus jeunes sont gardées. Aussi, d’autres sont enroulées de force, et d’autres se proposent. Cependant chaque année, tous les sujets du roi présentent leurs filles et un conseil désigne celles qui doivent intégrer la cour du roi. D’abord elles sont affranchies pour ce qui est des esclaves et entrent au palais pour commencer leur formation. Après plusieurs années, elles entrent dans la milice d’élite et occupent des postes suivant leur capacité aux combats et parfois aussi suivant le grade de leurs familles.

  • Les composantes d’une milice

Les « minon », nos femmes en langue fon, pour atteindre un tel niveau de réussite, étaient bien organisé. Leur groupe était subdivisé en trois brigades à savoir : les gahu, les ahouigan et les soldats simples. Composé environ de 5 000 femmes, elles étaient dirigées par celle qui s’était illustrée au combat précédent.  Le groupe est regroupé en bataillon qui marche au près du roi qui leur donne l’ordre de combattre. Chaque bataillon est divisé en cinq catégories de combattantes :

  • Agraraya, armées d’arbalètes
  • Gbéto
  • Galamento chargées de Winchester
  • Noupkétoh les archères avec leur flèches empoisonnées

En plus de toutes ces armes, elles n’hésitaient pas à trancher la jugulaire de leur vis à vis avec leur dents pointues ou pas, aiguisées au fil de leur expérience. Leurs mains étaient des armes très habiles, pire naturelles avec lesquelles tout était possible. Une amazone seule sans armes extérieure peut donc combattre au front avec aise.

+ L’anguille que cache la bravoure

On a tous une image forte des amazones et une fierté certaine à en parler . Cependant ,sur le plan social elles n’étaient pas si épanouies. Leurs restrictions étaient légions et allaient jusqu’à l’interdiction de fonder un foyer ou obligation de le faire avec un guerrier. Le roi pouvait aussi en choisir à sa guise et en faire son épouse. Elles adoraient toutes le Vodoun, la seule divinité qui les amène en profonde transe dans des cieux qu’elles ne maîtrisent pas lorsqu’elles dansent après leur victoire au front.

+ La fin d’une épopée

A l’arrivée du roi Béhanzin, le Royaume fût secoué plus que jamais par des colons . On connait tous l’histoire.

Les combats se multiplièrent et des échecs furent essuyés de part et d’autre des protagonistes. Bien évidement les amazones ont joué un grand rôle. Suite à plusieurs renforcements tant militaires que stratégique. Ceci de par les mitrailleuses et surtout des trahisons , Danhomey malgré ses braves femmes tomba sous protectorat, français le 17 Novembre 1984. Néanmoins le témoignage est émouvant dans l’archive des légionnaires. Ils écrivaient blanc sur noir « l’incroyable courage et audace des Amazones ».

C’était cela une femme du Danhomey, une minon, une amazone. Avec l’arrivée de Agoli ago, nouveau roi ironique de l’histoire, l’épopée de nos guerrières fût dissoute par l’abolition de leur milice. La dernière passa de vie à trépas dans l’année 1979.

Bravoure, courage, esprit d’équipe, patriotisme sont les mots d’ordres qui ont gouverné l’esprit de nos légendaires Amazones. Malgré le prix à payer elles ont marqué leur époque et continuent de faire des disciples dans notre société d’aujourd’hui.  Ces braves ont prouvé que le sexe n’était pas un prétexte pour rester en marge de l’histoire.

Hommage à vous braves dames, vivement, que vos traces ne disparaissent jamais.

 

 

Source

https%3A%2F%2Fwww.geo.fr%2Fphotos%2Freportages-geo%2Fles-amazones-du-dahomey-elles-ont-dit-non-a-la-colonisation-francaise-161167

https://www.jeuneafrique.com/452511/culture/las-amazones-dahomey-armee-de-femmes-soldats-lafrique-pre-coloniale/

https://www.legionetrangere.fr/79-infos-fsale/580-histoire-1892-1893-la-legion-etrangere-pendant-la-campagne-du-dahomey.html

https://www.geo.fr/histoire/les-amazones-du-dahomey-elles-ont-dit-non-a-la-colonisation-francaise-161167

https%3A%2F%2Ffr.unesco.org%2Fwomeninafrica%2Fles-femmes-soldats-du-dahomey%2Fbiography

https://www.google.com/search?q=amazone+du+B%C3%A9nin&tbm=isch&source=univ&sa=X&ved=2ahUKEwjZs–D3ujgAhV4ThUIHXwRCe4QiR56BAgGEBc&biw=1366&bih=608

https://www.google.com/search?q=image+du+roi+gh%C3%A9zo+b%C3%A9nin&tbm=isch&source=iu&ictx=1&fir=B_Z_PPXmJumqxM%253A%252CpPXaHj3iYfwj9M%252C_&usg=AI4_-kQAqEYDhE6Vy85WGtUExHDnPgNnSg&sa=X&ved=2ahUKEwjsypW4nOngAhVcThUIHU18Bv8Q9QEwAHoECAQQBA#imgrc=_

2 commentaires sur “La vraie histoire des Amazones du Bénin: entre mythe et bravoure”

  1. Superbe récit qui la foi doit remonter le moral des femmes et ainsi dissoudre leur complexe d’infériorité.
    Puisse les hommes aussi en tenir compte pour accorder à chaque femme la place qui est sienne dans la société.

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