TOC : je balaie tout le temps docteur suis je fou?

Temps de lecture : 7 min

  • Vous devez vous laver tout le temps les mains
  • vous sentez le besoin de répéter les mêmes gestes
  • Nettoyer votre chambre chaque minute
  • Ou encore de tout faire avec symétrie ? Vous souffrez peut-être de troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

Les TOC forment une pathologie fréquente qui se trouve au cœur des nouvelles préoccupations scientifiques.

Cependant, ils restent trop souvent sous-diagnostiqués. En effet les sujets ont souvent peur d’être traités de fous,ou ne se rendent simple pas compte du caractère pathologique de l’affection, ce qui les amène souvent à ne pas consulter.
Qu’est-ce que le toc ? Est ce grave ? Tout le monde peut en souffrir ? Comment on le soigne ? lisez notre article pour le savoir.

 

+ Les toc c’est quoi et comment les reconnaître ?

 

 

 

Le terme de folie n’est plus utilisé en psychiatrie. En effet il désignait autrefois dans le langage courant les troubles psychotiques. La caractéristique principale de ces troubles psychotiques est que ceux qui en souffrent n’en ont pas conscience.

Cependant Les troubles obsessionnels compulsifs, quant à elles, font partie des pathologies chroniques de l’anxiété. Les personnes qui en sont victimes sont souvent confrontées à des pensées préoccupantes indésirables. Ces pensées reviennent sans cesse; on parle dobsessions. Ainsi Ces obsessions les amènent à faire des rituels pour se sentir soulagés, des compulsions.

– D’abord des obsessions

Les obsessions prennent la forme de pensées ou d’images intrusives, qui surgissent de façon répétée. Souvent, le sujet ne parvient pas à les chasser de son esprit. Aussi Elles sont dérangeantes, désagréables voire effrayantes. Parfois elles peuvent générer  de la détresse, de la peur, un malaise ou du dégoût. Samuel  étudiant en droit a l’UAC nous confie par exemple:

 

 

 

 

J’ai souvent des images d’appareils électroniques en feu et des pensées me suggérant de vérifier que tous les appareils sont bien éteint 

        Eunice (sécrétaire ) quant à elle confie :

j’ai souvent des images de microbes m’entourant , et des pensées me suggérant de tout le temps nettoyer autour de moi. 


Le sujet est ainsi contraint, pour les chasser ou les empêcher de survenir, de se livrer à des comportements répétitifs et dénués de sens. Des comportements extrêmement difficiles à maîtriser, des rituels particuliers qu’on appelle compulsions.

– Puis des compulsions

 

 

 

 

 

 

 

Les rituels compulsifs peuvent ainsi occuper plusieurs heures par jour. Malheureusement, ils n’apportent qu’un soulagement temporaire et le cycle obsession-compulsion reprend de plus belle.
Aussi Ces rituels ne procurent aucun plaisir particulier au sujet, mais il se sent contraint de s’y livrer. En effet, C’est la seule manière d’obtenir un répit temporaire de ses obsessions. Aussi le sujet se rend compte en général que les obsessions et les rituels pour les combattre n’ont aucun sens, mais ne peut néanmoins les arrêter.

Samuel par exemple pour lutter contre ces pensées vérifie plusieurs fois si tous les appareils sont éteints et ce toutes les nuits. Eunice pour sa part est obligée de nettoyer à longueur de journée autour d’elle.

+ Quelques exemples

Parmi les plus fréquentes des obsessions et compulsions figurent :

  • La crainte permanente des germes ou de la saleté, qui entraîne comme rituel de se laver les mains des dizaines de fois par jour, de ne pas pouvoir serrer la main des gens, de nettoyer son bureau ou son logement en permanence ;

 

 

  • Les doutes sur ce qu’on vient de faire (a-t-on bien fermé la porte à clef avant de partir, par exemple), qui obligent à vérifier des dizaines de fois des actes simples de la vie quotidienne ;

 

 

 

 

  • Des pensées de violence, ou d’actes sexuels envers des proches, pensées auxquelles on craint de céder et qui font mettre en place des rituels pour ne pas y succomber ;

 

 

 

 

  • La peur du feu : les appareils électriques sont constamment vérifiés pour s’assurer qu’ils sont éteints;

 

 

 

 

  • Un besoin compulsif de constance : suivre chaque jour le même chemin pour se rendre au travail, ou traverser la rue exactement au même endroit chaque jour;

 

 

 

 

  • La peur de perdre le contrôle de soi ou de se mettre en colère;

 

 

 

 

 

         Et c’est pas tout la liste n’est pas exhaustive .

 

+ Causes et population a risque

 

 

 

 

 

 

 

 

Les origines des TOC sont assez méconnues. Mais des études ont mis en évidence différents facteurs génétiques, neurophysiologiques, psychologiques et immunitaires. Les TOC apparaissent souvent suite à un choc important tel qu’un décès. Aussi il semble exister 2 pics d’âge d’apparition des TOC :

  • L’un dans l’enfance entre 6 et 11 ans
  • L’autre au début de l’âge adulte, autour de 21 ans

Ce trouble d’évolution le plus souvent chronique, touche autant les hommes que les femmes.

On constate cependant chez l’enfant une apparition des troubles plus précoce chez le garçon que chez la fille.
Une étude réalisée aux États-unis dans les années 1980 indiquerait que les TOC sont plus fréquents chez les sujets séparés ou divorcés, et chez ceux de bas niveau socio-économique.

– Un déficit en sérotonine 

 

De nombreux chercheurs mettent également en évidence l’influence de la sérotonine (hormone qui permet le passage du message nerveux d’un neurone à l’autre). La personne souffrant de TOC aurait une quantité moindre de ce neurotransmetteur, ce qui gênerait la circulation de l’information.


D’autres constatent un hyperfonctionnement du lobe frontal (qui intervient lors de la planification et lors de mouvements volontaires) et du cortex orbitofrontal (important dans la prise de décision) du cerveau.
Enfin, les TOC sont  volontiers de tendance familiale; faisant supposer une participation génétique. Mais Les connaissances sont insuffisantes pour déterminer des familles à risque et encore moins un dépistage.

+ Mais est-ce si grave ?

 

L’évolution des toc est très variable. Parfois les symptômes ne sont pas trop importants ou ils diminuent avec le temps et restent supportables et compatibles avec une vie normale. Cependant ils peuvent évoluer par poussées entre lesquelles ils restent modérés. Dans d’autres cas enfin ils s’aggravent progressivement et nécessitent un traitement spécialisé.
Le TOC peut entrainer une désocialisation avec risque de marginalisation et donc de déscolarisation chez les enfants et les adolescents ou de graves répercussions socio-professionnelles chez les adultes. Il est donc recommandé de consulter avant que les obsessions et rituels deviennent invalidants dans la réalisation des activités de la vie quotidienne.

 

 


Les personnes souffrant de TOC souffrent souvent de dépression. Elles peuvent également souffrir de troubles alimentaires, d’anxiété, de phobie sociale ou de troubles paniques. Elles ont généralement une faible estime d’elles-mêmes et peuvent avoir du mal à planifier ou à organiser leur quotidien. Ces troubles sont souvent une conséquence de la pression que représentent les TOC mais pourraient avoir une origine commune aux TOC.
Les personnes souffrant peuvent aussi Abuser de substances illicites ou avoir des Irritations de la peau découlant de la pulsion de propreté.

 

+ Mais ca se soigne au moins ?

 

Comme dans la plupart des maladies il est conseillé de se rendre à l’hôpital voir un spécialiste et dans ce cas un psychiatre afin d’évaluer le retentissement sur la vie et en conséquence envisager un traitement adéquat. Meme si Aucun traitement curatif n’existe à ce jour il existe En général deux sortes de traitements des TOC : les psychothérapies et les médicaments. Aussi, Ils sont souvent utilisés de concert.

 

 

 

Les psychothérapies sont diverses. La thérapie comportementale est souvent efficace. Cependant, C’est au spécialiste neuropsychiatre de déterminer la meilleure indication, en fonction des troubles et de la personnalité du sujet.

 

 

 

 

Les médicaments anxiolytiques (benzodiazépines notamment) réduisent l’anxiété, mais les antidépresseurs, sans que l’on sache exactement pourquoi, ont aussi souvent un effet très positif sur la maladie.

 

 

 

Et vous?? Que pensez vous de cette maladie? Connaissez vous des gens qui en souffrent ou en souffrez vous? Partagez votre expérience avec nous.

 

réferences

 

  • B.S. Peterson, « Prospective, longitudinal study of tic, obsessive- compulsive, and attention-deficit/hyperactivity disorders in an epidemiological sample »,
  • Antoine Pelissolo, « Epidémiologie des troubles obsessionels compulsifs »,
  • Les Troubles obsessionnels compulsifs, Martine Bouvard (éd.), Masson, Paris, 2003
  • Alain Sauteraud, « Reconnaître et soigner le trouble obsessionnel compulsif »,
  • http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/principales_maladies/ps_2559_troubles_obsessionnels.htm
  • http://www.iusmm.ca/hopital/usagers-/-famille/info-sur-la-sante-mentale/troubles-anxieux/trouble-obsessionnel-compulsif.html
  • https://santecheznous.com/condition/getcondition/trouble-obsessionnel-compulsif
  • https://www.troubles-obsessionnels-compulsifs.com/definitions/trouble-obsessionnel-compulsif/

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