ÉTREINTE FA(U)CHEUSE…

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ÉTREINTE FA(U)CHEUSE…

Avant que l’astre diurne n’aille s’endormir,
Avant que ne sourient les étoiles,
Que le voile noir firmament ne couvre nos toits
Nous invitant à son profond périple…

Avant que la tronçonneuse n’atteigne
Mon coeur et qu’en moi s’éteigne
Toute ombre de soleil, de vie, de rêve…
Avant que dans les océans se répande ma sève…

Avant le silence de la machine humaine,
Le vol froid, froufrou, des oiseaux noyés d’absinthe
Suite au fracas de mon corps dans la forêt
Et du vide tant évident de la présence de mon absence…

Viens là que je serre en ton corps, une dernière foi…
Viens plus près, d’en tes bras, ressentir une dernière fois
Ta chaleur en mon coeur palissant
Comme au premier jour de ta naissance.

Ne pleure surtout pas. De toi je ne serai jamais loin:
En chaque charpente, maison,
Table, chaise, armoire,
Lit et autres meubles tu me verras.

Rassures-toi je ne pars pas,
Je change juste de (mi)lieu, de vie…
Mais ma nature toujours demeurera,
Qu’importent de l’Homme, les folies, lubies et envies.

Et là je sens, déjà faisant son oeuvre, l’humain.
De sa machine, broyant mes os,
Cassant les fibres d’en mes oripeaux,
Laissant (é)vider l’essence de l’espoir de leur demain…

Regarde comment ils prennent leur pied
Prenant mon pied,
Tous fiers de leurs turpitudes:
Précipice d’une société déjà en décrépitude.

Je pars. Et même si de toi et de mes racines,
Je suis arraché par cette machine,
Dans l’air qui erre, la toile des étoiles,
Je respirerai et brillerai. Toujours. Pour toi!

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